Lundi 2 octobre, personnalités politiques et religieuses ont inauguré les nouveaux bâtiments de la maternité catholique Sainte Félicité, institution plus que centenaire à Paris. Une inscription dans la modernité au service de la vie et de l’espérance.

 

Au cœur du 15ème arrondissement, la petite rue de Casablanca. Au fond de l’impasse une cour calme. La maternité nouvelle génération dresse sa blanche façade vitrée concave (pour gagner des m2 et pour la symbolique de l’arrondi) vers le ciel. Cinq étages avec un rez-de-chaussée lumineux où veille une Vierge à l’Enfant et dont le hall communique directement avec le premier étage équipé de cabinets de consultations. Aux deuxième et troisième étage 28 lits de maternité répartis équitablement de part et d’autre du poste infirmier. La logistique se situe au niveau 4, pendant que la partie technique est installée sur le premier niveau bas. Le dernier étage abrite le logement des Petites Sœurs des Maternités catholiques, dont la chapelle aux magnifiques vitraux bleus est comme le cœur de cet édifice.

Beauté, technicité, humanité

 

Côté rue Duranton, le rez-de-chaussée est accessible aux pompiers et ambulances, une rampe circulaire distribuant l’entrée des urgences pour le bloc obstétrical. Dans le bâtiment ouvert depuis le 7 mars dernier, une bonne odeur de la peinture flotte encore dans les couloirs au doux coloris taupe. Les participants à l’inauguration qui visitent les locaux par petits groupes ne tarissent pas de superlatifs. Des mamans ayant accouché dans les anciens bâtiments de la rue Saint Lambert s’extasient particulièrement de l’espace dans les 52 chambres (dont 48 individuelles) équipées de spacieuses salles de bain et de baignoires pour laver le bébé à même la chambre. Service de néonatalogie avec six lits mère-enfants (dont une chambre pour des jumeaux), plateau technique ultramoderne, bâtiment basse consommation, salle « nature » avec baignoire de relaxation, petits salons cosy avec distributeurs de boissons et bagagerie dans le secteur naissance, 40% d’espace gagné… Tout a été fait pour que la qualité de soins se conjugue avec un climat de confort et d’attention optimisé. Aussi bien pour les 140 salariés qui y travaillent que pour les familles qui y ont recours (3000 naissances attendues par an).

 

Un projet porté ensemble

 

 

À l’heure des discours, les élus n’ont pas été les moins enthousiastes pour se féliciter de la présence de cet équipement hors norme au service des Parisiens. Rappelant que deux de ses fils sont nés à la maternité Sainte Félicité, Philippe Goujon, maire du XVe arrondissement, a salué « l’architecture sobre et épurée qui s’insère dans le paysage urbain » et « le dévouement, la bienfaisance, l’incroyable ténacité » des Sœurs. La maire de Paris, Anne Hidalgo, a exprimé le fait qu’elle était « très heureuse d’être ici » et qu’après avoir traversé « beaucoup de difficultés comme pour un accouchement », « ça valait le coup de porter ce projet ensemble […]  une façon pour le public de travailler avec le secteur privé ».

 

Mgr Éric de Moulin-Beaufort, évêque auxiliaire de Paris,  a rappelé l’influence décisive du cardinal Vingt-Trois qui avait souhaité que la maternité reste dans Paris ainsi que celle de la Providence qui « a permis quelques rencontres pour repérer cet emplacement ». Il a insisté sur le fait que « notre époque est devenue très sensible au fait que le travail de l’accouchement se fasse dans un environnement le plus humain possible […] et soit une source de joie », et que si tout baigne dans cette ambiance « de bienveillance et d’espérance, c’est aussi grâce à la prière des sœurs ».

 

Le mot de la fin a été laissé à Sœur Marie Jérémie, Présidente du conseil d’administration de la Maternité Sainte Félicité. Elle a tenu à « remercier personnellement Mme Hidalgo » ainsi que tous ceux qui ont œuvré à la réalisation (les deux cabinets d’architecte, les maçons, les juristes, les entreprises, etc.). Elle a souligné « l’appui inconditionnel de l’Église de Paris » et déclaré : « J’aime à le répéter : l’âme de la maternité a grandi, elle est appelée à rayonner dans ce 21ème siècle ». Un fil d’or continuera de traverser sa belle histoire : l’accueil de toute naissance par 3 coups de cloche sonnés manuellement par une Petite Sœur.

 

Des religieuses professionnelles de santé

 

Au siècle dernier, à Jallieu, dans l’Isère, un industriel en soierie souhaitait créer une maternité pour ses ouvrières. Il comptait sur sa fille pour mettre en œuvre son projet. Mais après ses études de sage-femme, Marie-Louise est décidée à s’engager dans la vie religieuse au sein d’un Institut missionnaire. Consulté, l’évêque de Grenoble demande à la jeune fille de réaliser l’œuvre sociale souhaitée par son père sans renoncer à répondre à sa vocation religieuse. Ainsi naît en 1930 un nouvel institut, les Petites Sœurs des Maternités Catholiques. Elles gèrent et animent actuellement trois établissements : la maternité Sainte Félicité à Paris, la clinique Saint Vincent de Paul à Bourgoin-Jallieu dans l’Isère et l’Étoile, maternité catholique de Provence à Aix en Provence. Elles sont également présentes à Cambrai (Nord) et à Dakar (Sénégal). Elles travaillent aux côtés des équipes médicales, soignantes, administratives et hôtelières et participent à la prise en charge des patientes.

Par Chantal Joly – Conférence des Evêques de France